lundi 7 octobre 2013

Conclusion de l'ECTRIMS 2013

En treize ans à la Société de la SP, j'ai assisté à l'évolution et à la révolution de la recherche sur la SP. J'ai entendu l'expression 'maladie silencieuse' l'an dernier pour la première fois et ces deux mots m'ont rempli d'espoir. Vraiment? On peut penser qu'il sera possible de faire taire la maladie, de la museler? Plusieurs chercheurs semblent le voir comme un objectif réaliste.

À travers les années, j'ai souvent parlé avec des personnes ayant une forme progressive qui se retrouvaient face à une dure réalité. Il est vrai que les cliniciens n'ont toujours rien à leur offrir. Je suis fière cependant du réel effort de mise en commun des ressources de plusieurs organismes dans le domaine de la SP et de l'engouement des chercheurs. Le savoir sur la SP de forme progressive a assez avancé pour qu'on puisse s'y attaquer, pour qu'on puisse mesurer les résultats des traitements lors des essais cliniques. Cette année, c'est ce grand mouvement qui est le principal moteur de ma motivation.

Chaque jour, plus de sept articles scientifiques sur la SP sont publiés et font état de résultats de recherche. Chaque jour, de petites victoires cumulatives, en attendant d'avoir de meilleures raisons de célébrer. Pour les quelques 100 000 Canadiens qui ont la SP et pour leur famille, ce ne sera jamais assez rapide. Heureusement, les découvertes des 10 dernières années font boule de neige en attirant davantage de chercheurs qui feront eux aussi parti du grand mouvement.

J'espère que ce blogue vous a fait vivre la frénésie du congrès de l'ECTRIMS et que vous avez pu sentir toute la passion des chercheurs dans ce domaine.

À une prochaine fois,


Nadine



Le prochain congrès de l'ECTRIMS (Comité européen pour le traitement et la recherche dans le domaine de la SP) se tiendra à Boston en 2014 et il sera jumelé avec le congrès de l'ATRIMS (Comité américain pour le traitement et la recherche dans le domaine de la SP). Les participants canadiens demeureront donc sur leur continent l'an prochain.
msboston2014.org

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Présentation par affiche - Jorge Ivan Alvarez



En 2011, le Dr Jorge Ivan Alvarez a reçu la bourse de transition études-carrière David L. Torrey du Réseau de recherche et de formation stopSP, mis sur pied par la Société de la SP. Grâce à ce soutien financier, le Dr Alvarez peut poursuivre ses recherches sur la barrière hématoencéphalique (BHE) pendant cinq ans.
Le processus de formation des lésions de SP inclut le passage des leucocytes dans le système nerveux central. Pour ce faire, ils doivent traverser la barrière hémato-encéphalique. Le Dr Alvarez étudie les molécules qui aident à la migration des cellules immunitaires dans le cerveau. Il examine de près des molécules qui cibleraient particulièrement certaines cellules immunitaires. Selon lui, les mécanismes d'action des traitements utilisés actuellement ne sont pas assez ciblés. Ses travaux contribueront donc à développer des traitements plus ciblés.

Il m'a parlé d'une étude préliminaire surprenante sur le VIH, le virus de l'immunodéficience humaine qui est l'agent responsable du sida. Il semblerait que les personnes ayant le VIH ont moins de risque d'avoir la SP et que lorsqu'elles prennent un traitement contre le VIH, elles perdent l'effet protecteur contre la SP. Le Dr Alvarez croit que l'étude a besoin d'être retravaillée mais cette piste pourrait apporter des réponses complémentaires.

Il a aussi beaucoup aimé la présentation sur la remyélinisation, un sujet de grande importance puisqu'il signifie réparation. On croyait que plus les personnes étaient âgées, moins elles avaient de chance que leurs lésions se réparent. Il semblerait que ce ne soit pas tout à fait vrai. Cette notion serait véridique uniquement pour les lésions de la matière blanche (myéline), l'âge n'aurait pas d'influence sur la capacité de réparation des lésions corticales. Lors d'une étude comprenant des participants de 20 à 77 ans, on a constaté la remyélinisation de lésions du cortex chez deux personnes de 77 ans. Ces résultats nous en apprennent encore un peu plus sur les processus de remyélinisation.   





Le Dr Yves Lapierre prend la pose

Le Dr Yves Lapierre, neurologue et directeur de la clinique de SP
de l'Hôpital et Institut neurologiques de Montréal prend la pose près de son affiche.
 

Entrevue avec le Dr Pierre Duquette



Le Dr Pierre Duquette, neurologue et directeur de la clinique de SP du CHUM
pose près de l'affiche promotionnelle du congrès de l'ECTRIMS 2014
 

Le Dr Duquette a participé à 25 congrès de l'ECTRIMS au cours de sa carrière et il a adoré celui de cette année qui est, selon lui, le meilleur notamment parce que les présentations étaient plus solides.

Quels sont selon vous, les faits saillants de ce congrès?

Il en ressort un consensus de plus en plus fort sur le traitement tôt dans le cours de la maladie pour avoir de meilleure chance d'obtenir de bons résultats. Bien entendu, ce n'est pas simple car il faut mesurer les risques. Il y a toujours la question de la sécurité, on a envie de taper fort sur la maladie mais on doit aussi penser à la sécurité des personnes qui ont un bon pronostic... Certains traitements ont de la toxicité alors on doit tenter de choisir le meilleur traitement pour chacun.

Il y a aussi le défi de la phase progressive, tout le monde en a parlé et c'est devenu la priorité # 1 de tous les organismes en SP. Le défi est grand et on a maintenant tout ce qu'il faut pour aller de l'avant. C'est tellement important pour l'évolution à long terme de la SP. Je trouve que l'effort international est très encourageant.

Troisième chose, on tient de plus en plus compte de l'opinion des patients dans les essais cliniques.
Il y a des essais cliniques où c'est devenu le paramètre principal. Qu'est-ce que le patient pense de ce traitement? Est-ce que ça l'aide dans sa vie sociale, familiale, professionnelle? Qu'est-ce qui est important pour lui? C'est devenu une préoccupation importante pour les chercheurs et pour le gouvernement.

Finalement, j'aimerais dire que les canadiens font très bonne figure et à mon avis, Catherine Larochelle (neurologue et chercheuse au CHUM) aurait mérité un prix pour son excellente présentation. Je trouve encourageant pour les personnes atteintes et leur entourage qu'il y ait non seulement de bonnes équipes en Amérique du Nord et en Europe mais également de plus en plus, en Amérique du Sud et en Asie.

Visite des kiosques - L'European Multiple Sclerosis Platform


 
M. Claudiu Berbece de l'EMSP

L'European Multiple Sclerosis Platform (EMSP) représente 38 organismes et environ 600 000 personnes ayant la SP à travers 34 pays européens. Leur but : Être une voix forte pour les personnes qui ont la SP.

Entrevue avec le Dr Alexandre Prat

Voici mon entrevue avec le Dr Alexandre Prat. Le Dr Alexandre Prat est professeur adjoint à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Il dirige le Laboratoire de neuro-immunologie du Centre de recherche du CHUM.
 






Les formes progressives de SP : Où en sommes-nous?

La communauté scientifique reconnaît qu’il est essentiel de poursuivre la recherche sur les formes progressives de SP. À ce jour, les personnes ayant la SP qui ne font pas de poussées n’ont aucune option de traitement. Lorsque cela est possible dans leur région, elles décideront parfois de participer à un essai clinique, mais ça demeure le seul moyen pour tenter de modifier le cours de la maladie.

Selon le Dr Robert Fox de la Clinique de Cleveland qui a donné la première partie de la conférence sur les formes progressive de SP, il y a plusieurs essais cliniques en cours qui pourraient finalement nous fournir des armes. Les cellules souches, par exemple, sont présentement étudiées et pourraient être utiles pour toutes les formes de SP. Un traitement oral, l’Amiloride, actuellement utilisé contre l'hypertension artérielle, a des capacités neuroprotectrices et est présentement à l’étude dans les phases progressive. Le Dr Fox a également soulevé qu’il est très important de poursuivre la recherche dans le domaine de la regénération pour en venir à l’objectif ultime de reconstruire les tissus endommagés du système nerveux central. Il a également parlé du grand mouvement mondial en cours des organismes dans le domaine de la SP, qui travaillent ensemble afin de s’assurer d’avoir toutes les infrastructures nécessaires à l’avancement de la recherche en lien avec les formes progressives. La Société canadienne de la SP a été un joueur important à l’origine de cette initiative qui a débuté par une séance de remue-méninges et par une stratégie qui a attiré les plus brillants chercheurs de plusieurs pays.

Nous souhaitons tous du fond du coeur que nous parviendrons ensemble à mettre en place les pièces du casse-tête des formes progressives de SP.